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Cette affirmation pourrait aujourd'hui sembler inutile, de pure forme, tant nous employons ce mot tous les jours. Or, à y regarder de plus près on voit que cela est de moins en moins vrai. Les fatwas, les condamnations papales, le mac carthysme rampant qui réapparait, le populisme démagogique qui retrouve des couleurs, à gauche comme à droite, sont des signes qui ne trompent pas. D'où mon inquiétude. Qu'est-ce que la liberté ? Le pouvoir que j'ai d'agir ou de ne pas agir, de choisir, sans risquer l'exclusion, l'anathème, l'isolement. Cette valeur fondamentale là  est en danger  partout dans le monde, comme ici. Les apprentis dictateurs, y compris dans nos démocraties, les religieux qui n'ont de foi que leur folie, les autoritaristes dans l'entreprise comme en politique, tous ces gens, tous ces comportements sont à combattre, au risque de voir notre société, notre monde, en pleine régression.

Le combat pour la liberté individuelle et collective, adossé aux valeurs de fraternité et de tolérance c'est le mien, ici et maintenant.

Lundi 22 janvier 2007

Rebelle jusqu'aux derniers jours de sa vie l'Abbé Pierre s'en est allé.  Dans la mémoire collective il restera comme une référence, comme un repère, comme un homme qui s'est dévoué corps et âmes pour la lutte contre la misère et la pauvreté. Unanimement loué aujourd'hui il importe pour la société qu'il ne soit pas qu'un souvenir mais que son  action puisse se prolonger au delà de sa personne. Des gens comme Martin Hirsch à sa manière prolonge son combat. Des associations comme Les enfants de Don Quichotte perpétue la dynamique de révolte. C'est cela qui est important. Si on ne sait plus s'indigner, si on n'est plus capable de révolte, on est foutu. Le conformisme, l'acceptation de l'inacceptable, la justification des inégalités, sont les pires maux de notre société et des hommes car ils nous condamnent  à la désespérance. Les femmes et les hommes politiques qui postulent à la présidentielle devront aujourd'hui se positionner par rapport à ces maux. La posture qu'ils prendront, au delà des idéologies, nous indiquera si cela vaut le coup de faire un bout de chemin avec eux ou pas. Je dis au delà des idéologies car ce ne sont pas des principes seulement qu'il faut affirmer, c'est une pratique qu'il faut avoir, une pratique ayant prise sur la réalité et non pas incantatoire.

 

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Lundi 22 janvier 2007

J'ai regardé Nicolas Sarkozy hier à la télé dans l'émision de FOG (Frank Olivier Giesbert) en début d'après midi. Quelle changement ! Calme (maîtrisant ses tics nerveux), n'opposant plus les gens les uns aux autres, parlant bien (fini les "racailles" et autres "kärcher), faisant étalage de culture, et de gentillesse. C'est trop pour être honnête. Personne ne connaît une telle mutation comportementale en si peu de temps. Il joue un rôle. Va-t-il tenir plusieurs mois ? L'apparence va t'elle prendre le dessus sur le fond ? Car sur le fond rien ne change, sinon qu'il y met de la finesse. Au lieu de dire je supprime l'ISF il met en place le bouclier fiscal qui revient à ça ! Beau tour de passe passe. Est-ce que les gens vont se laisser prendre ?

A gauche que se passe t'il ? Tension entre le PS et Ségolène Royal, entre couac et plaisanterie de mauvais goût, entre débats participatifs et impatience de débattre projet contre projet. Du côté des anti libéraux c'est la profusion de candidatures, n'en jetez plus, heureusement que le ridicule ne tue pas (les cocus du NON levez le doigt). Les verts respirent depuis l'annonce de Nicolas Hulot de ne pas être candidat (du moins certains d'entre eux car d'autres regrettent).

Longtemps à tenir encore dans cette ambiance, est-ce possible ?

Pendant ce temps on apprend la mort de l'Abbé Pierre. Il fera l'unanimité, les morts c'est pratique pour ça. Mort au moment où les enfants de Don Quichotte, ses fils spirituels reprennent le flambeau.

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Dimanche 21 janvier 2007

Etrange douceur qui annonce probablement un coup de froid salutaire pour les jours à venir. Oui je parle bien du temps qu'il fait. En ce dimanche ensoleillé il fait bon traîner dans le jardin, y compris celui de son coeur, pour y ramasser les feuilles mortes, tailler les arbres avant qu'ils ne s'épuisent en sève inutile pour du bois mort, retirer les mauvaises herbes qui profitent du moindre recoin pour s'installer, s'épanouir et casser l'harmonie d'une nature qu'on voudrait équilibrée en pompant l'eau et l'énergie qui feront défaut aux bourgeons de demain. Bref un peu d'entretien au jardin comme au coeur pour affronter l'annonce de l'hiver tant attendu, et préparer le printemps tant désiré.

Il ne s'agit pas d'hiberner, de se couper du monde, même si une petite retraite passagère peut faire du bien, non, il s'agit de remettre les choses en place, de réévaluer l'importance des sujets et des problèmes pour se consacrer à l'essentiel tout en le resituant dans son contexte. Approche globale des choses certes, mais où tout n'est pas sur le même plan. Etre capable de (re)constituer les systèmes pour comprendre leur fonctionnement.

Allez y les neurones, l'époque demande beaucoup de réflexion, d'intelligence individuelle et collective, de distance et de proximité à la fois. J'en connais un qui aurait pris son pied dans la période, intellectuellement parlant, c'est Albert Camus. Refaites un tour vers lui et vous constaterez qu'il est d'une actualité saisissante.

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Samedi 20 janvier 2007

On croyait les éléphants au cimetière, or, un par un, ils réapparaissent. Stratégie concertée ou bien opportunité tactique ? Toujours est-il qu'à l'occasion du couac sur la fiscalité Ségolène Royal nous sort DSK de son chapeau, puis un petit tour à Lille auprès de Martine Aubry après  la gaffe Montebourg. Il en reste encore dans les cartons vous me direz, certes. Mais on sent bien que quelque chose est entrain de se passer, comme une évolution dans le plan de campagne. Quel sens faut il donner à ces faits ? Trop tôt pour le dire, mais Ségolène Royal doit bien se rendre compte que la seule puissance des débats participatifs ne permet pas de remplir la scène politique au moment où Nicolas Sarkozy monte en puissance dans l'organisation de sa campagne et tente d'imposer les thèmes d'actualité, des débats de fond. Les deux principaux candidats n'ont pas le même timing, qui va imposer le sien à l'autre ? Pour l'instant Nicolas Sarkozy qui joue sur la confusion des genres entre ministre et candidat, prend l'initiative et Ségolène Royal s'aperçoit qu'il y a des trous dans son dispositif, des compétences qui ne sont pas mises en mouvement. Pour elle entrer maintenant directement dans les débats de fond serait remettre en cause sa stratégie des débats participatifs et décevoir tous ceux qui ont espéré une nouvelle manière de faire de la politique. Les forces conservatrices vont jouer à plein, à droite bien sûr, car il n'est pas envisageable pour la droite de s'engager dans un rapport à la politique différent de celui qu'elle pratique depuis longtemps, mais à gauche aussi d'ailleurs, certains sont tapis dans l'ombre, attendant l'erreur fatale, le moment propice. Parmi ceux là quelques éléphants blessés qui n'attendent que le moment opportun pour réapparaître, au risque même de faire perdre leur camp, j'en suis persuadé. Pourquoi cette situation. Je pense que dans cette campagne les rôles ne sont pas bien définis entre la candidate, son équipe, et le Parti. Il y a du cafouillage, c'est visible par tous aujourd'hui, et il va falloir que les éléments du puzzle se mettent vite en place, chacun dans son rôle, ce qui implique peut être de jouer plus collectif, ce qui est une manière aussi, plus pertinente à mon avis,  de montrer son autorité.

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Vendredi 19 janvier 2007

Arnaud Montebourg a beaucoup de qualités, dont celle d'avoir de l'humour et un esprit caustique dont il use souvent. Ces qualités utilisés contre le droite sont toujours du meilleur effet à gauche. Utilisés contre son camp, ça fait un bide, et il paie cash. Certes ses propos sur le compagnon de Ségolène Royal n'étaient pas très judicieux au moment et là où ils ont été prononcé. Certes ils pouvaient même renforcer l'impression de flottement que donne la campagne du côté du PS après le couac sur la fiscalité. Enfin, argument essentiel, il y a en politique les moments du débat, de la confrontation, de la polémique, et les moments du rassemblement, de l'unité. Arnaud Montebourg s'est un peu emmêlé les pinceaux dans le timing. Et puis je pense aussi, bien que ne le connaissant pas personnellement, qu'il n'a pas voulu rater l'occasion de faire un bon mot !  Mais voilà, il est dans une équipe, avec un plan de travail, une feuille de route, une responsabilité et cela n'est pas rien. C'est une question de crédibilité collective, de sens de la responsabilité. Ce n'est pas la première fois qu'il use de boutades en lieu et place d'analyses, de temps en temps ça passe, utilisé trop souvent et surtout mal à propos cela produit les effets inverses à ceux recherchés.

La réaction chez Ségolène Royal se devait d'être rapide et de marquer les esprits. Ce fut le cas. Dans la forme cependant j'aurai préféré une prise de position affichée comme collective, dans laquelle l'équipe rapprochée aurait été impliquée. Or, ce qui nous a été présenté c'est une réaction, personnelle, autoritaire, sans explication, du moins je ne les ai pas connu s'il y en a eu, voulant donner je pense l'image d'une autorité assumée, non partagée. Peut être qu'électoralement c'est une bonne chose, moi ça ne m'emballe pas. Mais l'essentiel c'est qu'il y ait eu  réponse, et réponse rapide. Il faut maintenant que l'étape des débats participatifs prenne le devant de la scène, c'est cela qui compte aujourd'hui car ils sont l'expression de la démarche originale de la candidate, même si j'ai le sentiment parfois que beaucoup de responsables au PS ont du mal à les assumer, changement de culture c'est pas toujours facile. Il faut que nous puissions montrer à l'électorat que le PS est bien engagé dans une écoute réelle de ce que pensent et disent les gens, et il faudra ensuite que le retour auprès de ces personnes soit réel pour que la démarche prenne tout son sens. Sinon, là aussi on va produire l'effet inverse à celui recherché. L'appareil du PS, les hiérarchies intermédiaires, notables locaux, et tous ceux qui sont des professionnels à vie de la politique vont devoir évoluer dans leur comportement, leur posture, et dans leur rapport aux adhérents et aux électeurs. C'est peut être, enfin, le début de la remise en cause d'une certaine forme de clientélisme politique, et un pas vers une social-démocratie comme celle qui se pratique dans les pays du nord de l'europe, qui allie transparence et simplicité pour les responsables politiques et les élus.

La séquence actuelle de la campagne de Ségolène Royal n'est pas facile parce qu'elle est nouvelle, innovante; montrons que nous sommes en capacité d'innover, de sortir des sentiers battus, de donner une autre image de la politique. L'enjeu est énorme pour le PS mais aussi pour le devenir de la démocratie.

 

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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