Tout est redevenu comme avant, c'est triste. Pourquoi n'avons nous pas su convaincre du besoin de
changement ? C'est la seule question pertinente à se poser quelques jours après des résultats électoraux qui ne sont pas à la hauteur des espoirs.
Il n'a pas fallu longtemps, quelques minutes, pour entendre des propos haineux de l'une et de l'autre, renvoyant toutes les responsabilités sur les autres, et plus précisément sur l'un. Comme le
dit Codognès la haine n'est pas un chemin politique, qui plus est elle est mauvaise conseillère. Ne pas s'apercevoir que les causes de la défaite sont à rechercher avant tout chez soi, c'est
vouloir absolument maintenir l'immobilisme des idées, l'intangibilité des équipes en place. C'est le refus du changement quitte à tout entraîner dans la défaite avec soi. C'est le drame du PS que
de ne pas pouvoir évoluer, s'adapter, adapter les idées et les équipes au temps qui passe. On a l'impression de revivre là les derniers soubresauts d'une SFIO incapble de comprendre son
temps.
L'espoir est là pourtant d'un mouvement de fond qui se constitue nationalement en réaction à cet immobilisme. Mouvement certes multiforme et parfois cacophonique, qui doit trouver sa voie royale,
celle qui fédèrera autour des idées forces qui constitueront le nouvel axe stratégique d'une gauche renouvelée qui mettra en avant le progrès et la réforme plus qu'un corpus idéologique datant du
19ème siècle. Des forces nouvelles à gauche et au centre sont disponibles pour cette remise à plat, elles doivent prendre toute leur place. Et si le PS a du retard à l'allumage, il ne sera plus
l'élément d'équilibre de la force progressiste et réformiste en voie de constitution. A Perpignan nous sommes dans ce schéma là. Autour de Jean Codognès des femmes et des hommes issues de toutes
les mouvances de la gauche et du centre se sont réunies pour tracer une nouvelle voie. Il faut maintenant analyser ce qui s'est passé pour comprendre pourquoi cette voie n'a pas trouvé un écho
suffisant auprès des électeurs pour peser de manière plus forte dans la vie municipale. Ce travail va demander quelque temps, mais il est incontournable.
La gauche type "union de la gauche" du 20ème siècle n'a pas trouvé une assise électorale suffisante pour l'emporter, alors qu'elle comptait toutes les étiquettes des partis traditionnels, y
compris les fausses d'écologistes instrumentalisés par la Région en prévision de l'élection régionale à venir, y compris l'étiquette d'un parti catalaniste qui ne brille pas par ses idées
progressistes. Et pour finir avec l'appui discret de la fraction la plus droitière du Modem, et de l'ancienne responsable du mouvement de De villiers (MPF). Cette nébuleuse n'a pas pu rassembler
une majorité d'électeurs, loin s'en faut. Il revient à tous ces partenaires de tirer les conclusions de cet échec. On a déjà la conclusion du PS, c'est de la faute à Codognès. Un seul être vous
manque et tout est dépeuplé ! Il aurait fallu s'en apercevoir plus tôt. Cette conclusion cependant semble un peu hative... au regard des chiffres comme au regard de l'analyse politique.
Nous voilà donc aujourd'hui avec encore Alduy, l'homme aux multiples facettes, habile politicien, qui a su rebondir après l'épisode des chaussettes. Il va falloir faire avec. C'est cela la
démocratie. Ce n'est pas un bon système quand il va dans notre sens et un mauvais quand il ne va pas dans notre sens. C'est un tout. Je ne crois pas à la conversion soudaine d'Alduy à la
proximité, qu'il a négligé jusqu'alors. Ce que je crois par contre c'est qu'il a les mains libres pour continuer à développer le système clientéliste et clanique dont il a hérité de son
père. Un exemple significatif ? Un seul parmi beaucoup d'autres: sa lettre aux "pieds noirs" qui montre qu'il a un fichier identifié comme tel , au mépris des règles de la République, ou
qu'il a utilisé un fichier d'une association proche ! La force de ce système est terrible. Tel électeur se sentant redevable à vie à Alduy parce qu'il a obtenu un logement, comme si ce
logement n'était pas un bien commun fruit des impôts, mais un bien personnel d'Alduy dont il aurait fait cadeau à cette personne. Quand certains attendent des années sur des listes HLM et que
d'autres obtiennent un logement en quelques jours, on se dit que ce système a encore de beaux jours devant lui. Pareille problématique concernant l'emploi.
La probité des élus, la transparence dans toutes les procédures publiques, la justification de toutes décisions administratives, le respect des principes et des règles de la République,
doivent être des références incontournables de notre démocratie. Ici, peut être plus qu'ailleurs à en croire la rubrique des faits divers concernant des élus, il nous faut remttre ces principes
et ces règles à l'ordre du jour. C'est un combat de longue haleine, qui ne fait que commencer. Je regrette personnellement, comme beaucoup de personnes, que Katia Mingo ne puisse siéger au
Conseil municipal de Perpignan, sa voix manquera. Mais elle aura l'occasion de se faire entendre et de poursiuvre ce combat. Les femmes et les hommes qui se sont recnnues dans les orientations de
la liste de Jean Codognès doivent maintenant se structurer pour un travail de long terme, en sachant que les échéances électorales à venir font partie de ce combat.