Le monde est traversé de crises multiples et diverses, un peu partout des pays se referment sur eux dans l'espoir de préserver leurs acquis, leurs avantages, tandis que d'autres envahissent les marchés mondiaux en bousculant les règles établies pour se faire une place à la table du développement et de l'enrichissement. Les grans espoirs internationalistes des pays de l'occident se heurtent à la défense de leurs intérêts égoïstes devant une ouverture économique mondiale qu'ils ont le sentiment de ne plus maîtriser. Les outils de régulation mis en place pour tenter de canaliser et d'ordonner les choses sont considérés comme des armes de destruction massive pour détruire les avantages acquis et le modus vivendi sur lequel ces pays développés vivaient. Seuls les pays anglo-saxons et du nord de l'Europe échappent à ce phénomène car ils ont encore la maîtrise de leur développement, qu'ils peuvent jouer sur le protectionnisme, et aussi parce qu'ils veulent relever le défi.
L'Europe régresse aujourd'hui avec une crise identaire profonde, manque de confiance des états, manque de confiance des peuples face à un monde nouveau qui se dessine, sans eux, parce qu'ils n'ont pas su mettre de l'ambition dans leurs politiques, parce qu'ils ont crû que la fin de l'histoire arrivait, la fin de l'économie, et qu'il était venu le temps de la redistribution permanente.
Où cela mène nos pays, l'Europe ?
Peur, angoisse, stress, repli sur soi, méfiance, aujourd'hui ces sentiments dominent chez beaucoup d'entre nous et provoquent des réactions de xénophobie, de racisme. Nous devenons les nouveaux indiens qui refusent la confrontation avec une autre civilisation, avec le progrès. L'histoire nous montre pourtant que jamais personne, aucun peuple, aucun pays ne s'est développé en se réfugiant dans un château fort, en refusant d'affronter les choses qui évoluent. L'histoire de l'humanité est ainsi faite, et nos peurs d'aujourd'hui risquent d'être nos pleurs de demain.
Les hommes politiques en Europe comme chez nous ne portent pas les péchés du monde, ils sont notre reflet, et il est souvent facile de leur faire porter les responsabilités que nous n'osons pas assumer. Notre souci aujourd'hui c'est de bien régler le rétroviseur pour bien voir derrière car nous avons peur de ce qu'il y a devant. Nous en crèvons politiquement, économiquement, socialement. Politiquement car c'est l'idée de démocratie qui est touchée, cache-sexe qui porte toute notre hypocrisie et notre lâcheté, la république n'est plus qu'un mot dont on ne connaît plus le sens. Economiquement car le refus d'évoluer n'empêche pas l'évolution; le rejet des solutions de régulation accélère même les évolutions, surtout celles que l'on désire le moins car le champ est libre. Socialement parce nos si précieux avantages acquis, notre si vénérée supériorité morale et intellectuelle n'a de sens aujourd'hui que pour nous parce que nous ne savons plus la faire partager au monde.
Libéral ? Ultra libéral même ? j'en entends certrains qui doivent sortir ces mots comme d'autres sortaient leur revolver quand ils entendaient parler de culture. Non je ne suis ni libéral ni encore moins ultra libéral, simplement je suis un homme de progrès, qui veut que notre vie se déroule le mieux ou le moins mal possible; quelqu'un qui tente de mettre en osmose ses paroles et ses actes. Un citoyen qui croit encore que les valeurs de justice, d'humanité et de progrès peuvent croître en ce siècle que d'autres redoutent tant ! Cette posture n'est pas facile car elle implique une grande liberté par rapport aux doctrines gravées dans le marbre, aux idéologies sectaires, de droite comme de gauche, aux croyances de toutes sortes. Il est temps de réagir. Je n'ai pas de solution toute faite, mais je pense ne pas être le seul à penser ainsi. Je sais ce que je ne veux plus, et c'est déjà très important. En avant pour aujourd'hui en regardant demain.