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libre

Cette affirmation pourrait aujourd'hui sembler inutile, de pure forme, tant nous employons ce mot tous les jours. Or, à y regarder de plus près on voit que cela est de moins en moins vrai. Les fatwas, les condamnations papales, le mac carthysme rampant qui réapparait, le populisme démagogique qui retrouve des couleurs, à gauche comme à droite, sont des signes qui ne trompent pas. D'où mon inquiétude. Qu'est-ce que la liberté ? Le pouvoir que j'ai d'agir ou de ne pas agir, de choisir, sans risquer l'exclusion, l'anathème, l'isolement. Cette valeur fondamentale là  est en danger  partout dans le monde, comme ici. Les apprentis dictateurs, y compris dans nos démocraties, les religieux qui n'ont de foi que leur folie, les autoritaristes dans l'entreprise comme en politique, tous ces gens, tous ces comportements sont à combattre, au risque de voir notre société, notre monde, en pleine régression.

Le combat pour la liberté individuelle et collective, adossé aux valeurs de fraternité et de tolérance c'est le mien, ici et maintenant.

michel.cavallier

Mardi 20 décembre 2005

Le monde est traversé de crises multiples et diverses, un peu partout des pays se referment sur eux dans l'espoir de préserver leurs acquis, leurs avantages, tandis que d'autres envahissent les marchés mondiaux en bousculant les règles établies pour se faire une place à la table du développement et de l'enrichissement. Les grans espoirs internationalistes des pays de l'occident se heurtent à la défense de leurs intérêts égoïstes devant une ouverture économique mondiale qu'ils ont le sentiment de ne plus maîtriser. Les outils de régulation mis en place pour tenter de canaliser et d'ordonner les choses sont considérés comme des armes de destruction massive pour détruire les avantages acquis et le modus vivendi sur lequel ces pays développés vivaient. Seuls les pays anglo-saxons et du nord de l'Europe échappent à ce phénomène car ils ont encore la maîtrise de leur développement, qu'ils peuvent jouer sur le protectionnisme, et aussi parce qu'ils veulent relever le défi.

L'Europe régresse aujourd'hui avec une crise identaire profonde, manque de confiance des états, manque de confiance des peuples face à un monde nouveau qui se dessine, sans eux, parce qu'ils n'ont pas su mettre de l'ambition dans leurs politiques, parce qu'ils ont crû que la fin de l'histoire arrivait, la fin de l'économie, et qu'il était venu le temps de la redistribution permanente.

Où cela mène nos pays, l'Europe ?

Peur, angoisse, stress, repli sur soi, méfiance, aujourd'hui ces sentiments dominent chez beaucoup d'entre nous et provoquent des réactions de xénophobie, de racisme. Nous devenons les nouveaux indiens qui refusent la confrontation avec une autre civilisation, avec le progrès. L'histoire nous montre pourtant que jamais personne, aucun peuple, aucun pays ne s'est développé en se réfugiant dans un château fort, en refusant d'affronter les choses qui évoluent. L'histoire de l'humanité est ainsi faite, et nos peurs d'aujourd'hui risquent d'être nos pleurs de demain.

Les hommes politiques en Europe comme chez nous ne portent pas les péchés du monde, ils sont notre reflet, et il est souvent facile de leur faire porter les responsabilités que nous n'osons pas assumer. Notre souci aujourd'hui c'est de bien régler le rétroviseur pour bien voir derrière car nous avons peur de ce qu'il y a devant. Nous en crèvons politiquement, économiquement, socialement. Politiquement car c'est l'idée de démocratie qui est touchée, cache-sexe qui porte toute notre hypocrisie et notre lâcheté, la république n'est plus qu'un mot dont on ne connaît plus le sens. Economiquement car le refus d'évoluer n'empêche pas l'évolution; le rejet des solutions de régulation accélère même les évolutions, surtout celles que l'on désire le moins car le champ est libre. Socialement parce nos si précieux avantages acquis, notre si vénérée supériorité morale et intellectuelle n'a de sens aujourd'hui que pour nous parce que nous ne savons plus la faire partager au monde.

Libéral ? Ultra libéral même ? j'en entends certrains qui doivent sortir ces mots comme d'autres sortaient leur revolver quand ils entendaient parler de culture. Non je ne suis ni libéral ni encore moins ultra libéral, simplement je suis un homme de progrès, qui veut que notre vie se déroule le mieux ou le moins mal possible; quelqu'un qui tente de mettre en osmose ses paroles et ses actes. Un citoyen qui croit encore que les valeurs de justice, d'humanité et de progrès peuvent croître en ce siècle que d'autres redoutent tant ! Cette posture n'est pas facile car elle implique une grande liberté par rapport aux doctrines gravées dans le marbre, aux idéologies sectaires, de droite comme de gauche, aux croyances de toutes sortes. Il est temps de réagir. Je n'ai pas de solution toute faite, mais je pense ne pas être le seul à penser ainsi. Je sais ce que je ne veux plus, et c'est déjà très important. En avant pour aujourd'hui en regardant demain.

Par Michel Cavallier
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Jeudi 22 décembre 2005

Eric Raoult vient encore de se faire remarquer. Il tente régulièrement à la télévision d'apparaître comme un garçon gentil, tolérant, responsable, et puis clac ! tout d'un coup il dérape. Chassez le naturel il revient au galop ? Toujours est-il que dans un journal d'extrême droite il a eu des mots très blessants pour la ville de Clichy, ses habitants et son maire. La chasse aux voix d'extrême droite continue de plus belle. Sarkozy fait des émules. Et les élections ne sont pas pour demain, qu'est ce qui nous attend encore!

Pourtant ne désespérons pas car même dans son propre camp il est désavoué. Le député Léonetti a déclaré sa réprobation devant de tels propos. Plus que jamais nous devons nous exprimer, nous opposer avec toutes les armes que la démocratie nous donne. Combattre le racisme, lintolérance, la discrimination, c'est l'honneur de tous les démocrates. Ne banalisons pas de tels propos par notre silence. N'attendons pas le pire pour exprimer notre rejet de tels comportements. C'est aujourd'hui qu'il faut dire NON.

Après la tentative d'imposer une vision "officielle" de l'histoire, tentative qui est réussie pour l'instant car l'article concerné n'a pas encore été abrogé(*), voilà que de tels propos tentent d'accréditer une version "officielle" des évènements qui se sont déroulés dans certaines banlieues: la faute aux étrangers, la faute aux jeunes, la faute au PS. On assiste bien à une opération concertée d'une partie de l'UMP, dans le sillage de Sarkozy,  pour désigner des boucs émissaires afin de camoufler l'incapacité du gouvernement à résoudre les problèmes économiques et sociaux auxquels beaucoup de personnes sont confrontés. On peut admettre et reconnaître que les solutions ne sont pas faciles à trouver et pas simples à mettre en oeuvre, encore faut-il avoir la volonté de résoudre les problèmes qui se posent. La fuite en avant, la recherche du bouc émissaire, on sait où ça mène, on sait que c'est l'arme des dictatures.

Résistons, unissons nous, pour empêcher que ce qui n'est aujourd'hui que discours soit demain pratique institutionnalisée de l'Etat.

(*) www.abrogation.net  pour signer la pétiton exigeant l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005.

Par Michel Cavallier
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Vendredi 23 décembre 2005

A peine des artistes viennent ils d'aller en banlieue à la rencontre de jeunes pour leur conseiller de s'inscrire sur les listes électorales pour voter, en dénonçant au passage les actions et les paroles du ministre de l'intérieur, que ce dernier donne une interwiev dans Libération pour attaquer ces artistes et la pensée unique. Oui il tire plus vite que son ombre, et dans la foulée on va voir d'autres artistes ouvrir le contre feu (Laurent Gerra ? Christian Clavier ? Michel Sardou ? peu importe c'est leur droit, mais ça sent l'opération politicienne concertée !)

Deux commentaires. Le premier c'est que certains hommes politiques ne supportent pas la contradiction (j'en connais d'autres, j'ai des noms !), imbus qu'ils sont de leur personne et imprégnés d'une conception autoritariste du pouvoir. Et on trouve ces hommes sur tout l'échiquier politique de la gauche à l'extrême droite, en passant par Nicolas Sarkozy.  Que le débat s'instaure c'est une bonne chose, que les idées puissent coexister sans se télescoper c'est un signe de bonne démocratie. Dénonçer les idées des autres sans se poser de questions, c'est inquiétant. C'est toujours par le doute que la science progresse, c'est dans le doute des idées aussi que se trouve la voie de la sagesse et du bon sens. Mais nous ne sommes pas sur ce champ là dans les propos repris par Libération.

Second commentaire, la dénonciation de la pensée unique. Ah la belle trouvaile que cette pensée unique qui sert à justifier le refus de toute contradiction, à mettre au pilori tous ceux qui sont dans l'analyse, le doute, l'échange. L'utilisation de la pensée unique c'est une escroquerie intellectuelle qui de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par la droite et la gauche, rassemble tous ceux qui ont du pouvoir une vision pour le moins autoritariste quand ce n'est pas fasciste. L'utilisation de ce concept nous met hors du cadre démocratique car elle permet d'annihiler toute critique, de réduire celles ci à des contre vérités à priori. L'inventeur de ce concept aurait dû déposer un copyright il aurait fait fortune, et certains débourseraient beaucoup d'argent tant ils en usent et en abusent.

Mais qui est porteur de la pensée unique ? Thuram, Debbouze, Sarkozy, De Villepin, Chirac, l'abbé pierre, Noah, Buffet, Besancenot, Kouchner, Strauss Kahn, Bayrou, Baudrillard, qui sais-je encore ? L'utilisation du concept de pensée unique est un artifice pour éviter justement de penser, d'approfondir la pensée et se contenter d'être sur des généralités, pour des messages politiques réducteurs, trompeurs, et finalement pour échapper au dialogue, à la contradiction.

 

Par Michel Cavallier
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Jeudi 29 décembre 2005

La France est figée, sa classe politique dirigeante déconnectée de la réalité, l'opposition empêtrée dans les questions de personnes, les français tiraillés entre la peur de demain et l'envie que ça change. Amer constat que celui là !

A l'aube de 2006 on se dit que cela ne peut durer ainsi encore plus d'un an. D'autant que l'immobilisme n'est pas l'apanage de la classe dirigeante. L'opposition elle-même n'échappe pas à la critique. l'extrême gauche fidèle à sa tradition développe les critiques les plus radicales mais refuse de mettre "la main à la pâte", c'est à dire de s'impliquer dans la gestion politique du pouvoir. Le seul résultat de cette posture c'est d'affaiblir la gauche réformiste qui aspire à mettre en oeuvre la transformation des choses et pas seulement à en parler. Le PC quant à lui fait le grand écart entre l'extrême gauche qu'il voudrait rallier, mais qui le grignote lentement mais sûrement, et la gestion des affaires qui lui assure les moyens de continuer à exister (politiquement et financièrement). Le PS n'arrive pas à trancher en interne entre un radicalisme de bonne conscience et un réformisme d'efficacité. Le dernier congrès qui vient de se dérouler est celui de l'hypocrisie et de l'absurde. Le PS ne mobilisera pas les français sur cette synthèse qui n'est qu'un jeu d'appareil et aucunement la définition d'une alternative politique crédible. Quant aux Verts ils n'ont pas trouvé l'espace poltique pertinent pour avoir un rôle moteur dans la transformation des choses.

Et nous touchons là le côté terrible de la situation. Faute de contenu clair, faute de choix affirmés, faute de volonté exprimée, les français risquent d'aller au plus offrant, au plus démagogique, au plus rassurant; qu'il soit de gauche ou de droite, mais ce serait plus surement à droite ! On voit y compris à gauche ces tentatives pour en même temps tenir un discours de gauche (ça coute rien les paroles !) et pratiquer une politique de droite. Ce grand écart, nationalement, localement aussi, il est fait aujourd'hui. On ne voit plus la différence entre droite et gauche dans la réalité des pratiques: démagogie, autoritarisme, immobilisme. Tout se ressemble, et c'est donc la course au plus démagogique, au plus populiste. Si les choses durent ainsi, nous pouvons nous faire du souci pour notre avenir.  Ils ont cassé l'europe, ils vont casser la france. Nous ne sommes plus déjà dans le progrès économique, social et dans l'humanisme, nous serons demain dans la régression économique, sociale, et dans la désintégration de nos valeurs républicaines et démocratiques.

Alors que faire ? Isolés nous ne pourrons rien. S'engager dans les partis pour les faire bouger de l'intérieur, oui il faut le faire, mais le fonctionnement d'appareil de tous les partis fait que cela ne sera pas suffisant. Les partis ne sont plus, malheureusement, une réponse efficace pour changer les choses. Il faut en plus créer, développer des réseaux, des clubs, des associations, au plus près des préoccupations des gens, au plus près des questions fondamentales (par exemple  sauvonsleurope.org). Ce travail militant est seul garant que les choses pourront évoluer, et nous permettra de reprendre espoir pour 2006. C'est mon voeu pour 2006: que les forces vives de ce pays retrouvent la volonté de faire bouger la société au delà des intérêts corporatistes et  des privilégiés pour fédérer autour de l'intérêt général. Utopie ? peut être pas !

Bonne année militante à toutes et à tous.

 

Par Michel Cavallier
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Mardi 17 janvier 2006

Tard le soir la télé réserve quelques bonnes surprises. La présentation du livre de Ghislaine Ottenheimer "Nos vaches sacrées - guérir la France sans elles" et les commentaires qu'elle donna dans une émission littéraire tardive (trop tardive !), dans un débat où Alain Minc et Nicolas Bacerez entre autres particpaient, fut pour moi l'occasion d'un déclic. Enfin il était possible d'entrevoir entre le populisme ambiant de droite et de gauche et le catastrophisme de tous bords, une voie, celle du bon sens, du courage et qui ose regarder devant sans être obnubilée par le rétroviseur. Une voie qui redonne de l'espoir, pas un espoir sans fondement, pas un espoir irraisonné, non un espoir raisonné, basé sur la réalité des choses, la confiance dans les gens, sur leurs capacités à innover, avancer. C'est tellement loin des discours politiques actuels, des replis idéologiques des appareils de parti, du sectarisme agressif des extrêmes,  de toutes ces postures qui brossent dans le sens du poil, celui de la peur du changement, de la crainte des réformes. Mais qui craint cela, le peuple ou les apparatchiks de tous bords ? On voit bien que le changement remet en cause, oui, remet en cause ceux qui ont un pouvoir de par la situation actuelle, ceux qui se confortent de l'immobilisme et des peurs qu'ils participent à entretenir pour rester maître du jeu, maître des gens.

Un livre salutaire par les temps que nous connaissons qui devrait permettre à ceux qui veulent que ça bouge vers le progrès, vers les réformes, de se sentir revigorés dans leurs actions. Et peut être de se voir plus nombreux qu'ils ne le pensent. Oui ce livre est à lire sans tarder, je m'y retrouve bien. Lisez le, parlons en. L'année 2006 ouvre des perspectives pour ceux qui veulent agir, espérons que d'autres évènements jalonneront cette année qui permettront, dans tous les domaines, que se regroupent tous les réformistes progressistes sur des actions convergentes. Voilà un bon voeu -il est encore temps- pour 2006.

Par Michel Cavallier
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