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Cette affirmation pourrait aujourd'hui sembler inutile, de pure forme, tant nous employons ce mot tous les jours. Or, à y regarder de plus près on voit que cela est de moins en moins vrai. Les fatwas, les condamnations papales, le mac carthysme rampant qui réapparait, le populisme démagogique qui retrouve des couleurs, à gauche comme à droite, sont des signes qui ne trompent pas. D'où mon inquiétude. Qu'est-ce que la liberté ? Le pouvoir que j'ai d'agir ou de ne pas agir, de choisir, sans risquer l'exclusion, l'anathème, l'isolement. Cette valeur fondamentale là  est en danger  partout dans le monde, comme ici. Les apprentis dictateurs, y compris dans nos démocraties, les religieux qui n'ont de foi que leur folie, les autoritaristes dans l'entreprise comme en politique, tous ces gens, tous ces comportements sont à combattre, au risque de voir notre société, notre monde, en pleine régression.

Le combat pour la liberté individuelle et collective, adossé aux valeurs de fraternité et de tolérance c'est le mien, ici et maintenant.

Samedi 7 novembre 2009

  Il y 350 ans.... le Traité des Pyrénées. Le 7 novembre 1659 Louis XIV pour le royaume de France et Philippe IV pour le royaume d'Espagne, signèrent un traité qui organise la partition de la Catalogne. La partie versant nord des Pyrénées revint au royaume de France. A l'occasion de la commémoration de cette date les nationalistes de tous poils font entendre leur petite musique. Entre nostalgie d'une époque révolue et exaltation d'une appartenance fortement affirmée vis-à-vis de l'extérieur, on retrouve là un débat ancien mais toujours actuel, même si son actualité n'a plus le même visage, ni la même résonance dans la population.

Passons vite sur les déclarations de mouvements politiques, pour constater la convergence entre le FN (Louis Aliot) et le MRC (Olivier Amiel), qui disent à peu près la même chose, sans que cela signifie dans mon esprit que ces deux mouvements se ressemblent (et encore moins ne se rassemblent !).  Mais malgré toutes ses facettes possibles, la nationalisme reste le nationalisme. Et il n'y a pas un nationalisme de droite et un nationalisme de gauche. Le Petit Robert nous donne du nationalisme une définition explicite: "Exaltation du sentiment national; attachement passionné à la nation à laquelle on appartient, accompagné parfois de xénophobie et d'une volonté d'isolement." Tout est dit. Quant aux déclarations des mouvements catalanistes, CDC (Convergence démocratique de Catalogne) et Unitat Catalana, dont on ne sait pas bien s'ils sont autonomistes ou indépendantistes, tant ils jouent sur le flou artistique, on sent clairement une touche de nostalgie et une pointe de confusion politique entre la référence "au sang qui court dans notre corps" (?) et le refus du "diktat politique régional". Toulouse ou Montpellier sont visés, pas Barcelone !

Le débat est d'actualité ai-je écrit plus haut. Oui, il est d'actualité. Pace que la chute du Mur de Berlin, la construction (laborieuse) de l'Europe, la mondialisation économique et culturelle, donnent aujourd'hui un nouveau visage au monde, une nouvelle donne du vivre ensemble sur un territoire donné. L'émergence de la Chine, de l'Inde, du Brésil, et de quelques autres pays, le choc des cultures et des religions, la toile tissée par Internet dans l'échange et la communication sans (presque) de frontières, vont encore modifier le paysage. Et je peux ajouter à ce tableau le réchauffement climatique qui va bouleverser notre environnement et notre manière de vivre dans les décennies à venir.

Tout cela représente un défi à notre réflexion sur le nationalisme et sur l'identité nationale, défi qu'on ne peut résoudre en faisant simplement référence à des idéologies qui datent du 20ième siècle.  Certes, nous ne pouvons faire l'impasse, ni l'économie, dans notre réflexion, du passé, de l'Histoire donc, en essayant d'y mettre toute l'objectivité possible. Nous ne pouvons également pas nous dispenser de d'utiliser les grilles de lecture qui se sont construites au fil du temps. Tout cela reste un matériau indispensable à notre réflexion. D'autant plus, que c'est dans la confrontation des idées, donc dans la reconnaissance des antagonismes, des différences, que nous pouvons faire progresser une réflexion. Mais encore faut-il, dans notre démarche, prendre en compte les réalités d'aujourd'hui, qu'elles nous plaisent ou non, les hypothèses pour l'avenir, dans leurs contradictions et avec l'insuffisance d'une pensée humaine qui a du mal à sortir d'un temps donné, à sortir d'un cadre idéologique pré établi.

C'est là qu'est la richesse de l'Homme, dans sa faiblesse à comprendre l'avenir, et dans sa force à vouloir le faire. L'idée du Progrès comme moteur de l'Histoire est là. Il ne nous manque qu'une chose. La sagesse pour appréhender que rien n'est plus important que ce qui renforce la recherche de la manière la plus harmonieuse de vivre ensemble, sans se donner de limites, ni matérielles, ni spirituelles. La période troublée que connaît le monde actuellement a plutôt tendance à développer la peur, le repli sur soi, sur ce qu'on connaît, sur ce qui nous ressemble, plutôt que  le désir d'échanger, de partager. La crainte du lendemain nous amène regarder plus dans le rétroviseur, qu'à regarder l'horizon, et surtout la route et ses difficultés. Etrange mécanique quand même que la mécanique humaine qui coince au moindre petit grain de sable, au risque de tout casser, de peur que ce grain abîme l'ordonnancement connu des choses.

Parti du Traité des Pyrénées, vous devez penser que j'arrive bien loin, ou ailleurs. Peut être, mais pas tant qu'il peut y paraître. Tout doit être prétexte à la prise de recul, pour une réflexion qui ne soit pas prisonnière d'un temps donné. Pour en revenir au Traité des Pyrénées. Je ne renie rien, ni l'histoire d'un pays, le royaume de Catalogne,  qui a connu son heure de gloire, ni celle de la Révolution Française, même si je me sens plus près des Girondins que des Jacobins. Mais je ne veux me sentir prisonnier de rien, pour que ma capacité intellectuelle toute entière puisse se tourner vers ici et maintenant, porteuse de la complexité d'hier, pour apporter ma contribution à ce que sera demain. Ambition et humilité. Volonté inébranlable aussi.



Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Mercredi 4 novembre 2009

  Eric Besson a lancé le débat. Nicolas Sarkozy y a apporté sa touche, maladroite car avec des accents pétainistes.. On a l'habitude. Le débat sur l'identité nationale est lancée. Faut il y participer ? Les points de vue sont nombreux, s'opposent, à gauche sur l'intérêt d'un tel débat. Or le problème qui est posé ce n'est pas de connaître l'intérêt d'un tel débat. Ce débat existe aujourd'hui, officiellement lancé hier. Des élus prennent des initiatives locales. Les Préfets vont suivre. Des rapports convergeront sur Paris pour constituer l'ossature d'une définition de l'identité nationale.

Sommes nous si peu sûrs de nos valeurs que nous n'osons affronter ce débat ?

La gauche n'est pas aux affaires, il est logique donc que les intitiatives viennent du pouvoir. Pour autant devons nous en permanence nous réfugier dans le refus, le rejet, l'abstention ? Donnons nous un exemple de référence démocratique en fonctionnant ainsi ? Participer ce n'est pas se rallier, c'est apporter sa différence.  Je considère que l'opération électoraliste et démogogique lancée par le pouvoir peut être profitable aux gens de progrès s'ils savent s'impliquer dans le débat avec toute la force des convictions dont nous sommes porteurs.

Allons nous assister en spectateurs indifférents à la remise en cause des acquis humanistes et progressistes ?

Les Lumières, la Révolution Française, La République, la Laïcité, l'esprit de la Libération, notre devise, notre drapeau, notre chant même, sont ils si peu importants aux yeux de certains à gauche qu'ils ne méritent pas d'être défendus ?  Allons nous laisser la voie libre aux successeurs de la Noblesse, aux religieux de toutes les églises, aux enfants spirituels des collaborationnistes, à tous ceux qui se sont accaparés de la devise, du drapeau, de l'hymne pour en faire les symboles de l'exclusion, de l'inégalité et de l'injustice ? Je n'ose penser qu'il en soit ainsi.

Soyons fiers de nos valeurs, sachons les porter dans un monde qui bouge, afin qu'elles soient du mouvement des hommes et des idées, démontrant leurs capacités à être de notre temps et à préparer l'avenir de l'humanité.

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Jeudi 29 octobre 2009

  J'ai assisté tout l'heure aux obsèques de Marie Dumas, à Baixas. Cérémonie émouvante, empreinte de respect pour une personne qui a donné son temps et son énergie pour aider les autres. Mais savez vous qui elle est ? Elle a été fondatrice des Restos du coeur avec Coluche, membre de ce petit groupe des personnes qui ont voulu donner une réponse concrète et immédiate à ceux qui ne pouvaient même plus se nourrir. Entre autres activités, parce qu'elle n'a pas cessé d'aider son prochain, de lui apporter réconfort et aide. Et ce jusqu'au terme de sa vie. Bel exemple d'humilité et d'efficacité. Elle était de celles et de ceux qui, sans bruit, dans le respect de tous, font avancer les choses.

Je ne l'ai jamais rencontré Marie Dumas. Mais combien je me sens proche d'elle. Combien je mesure la trace qu'elle laisse. J'espère que nous serons de plus en plus nombreux à la prolonger cette trace. Chacun apportant, à sa manière, avec sa personnalité, sa contribution. C'est ainsi que les choses avancent, que l'humanité progresse, que l'humanisme s'impose dans les relations humaines.  Certes, c'est un petit pas dans l'histoire de l'humanité, mais ce pas permet que d'autres suivent, en cela il est essentiel, nécessaire.

Il n'y avait qu'à voir l'émotion de sa famille, la gentillesse de ses enfants, le présence de ses amis connus et inconnus qui se sont retrouvé dans sa démarche, pour comprendre combien Marie Dumas a compté pour beaucoup de personnes. Gilles Foxonet, le Maire, qui l'a d'autant mieux connu qu'elle était élue au conseil municipal, a su trouver les mots justes pour parler d'elle et de ses actions.

Merci Marie pour cette belle trace que tu nous laisses.

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Mardi 27 octobre 2009

  Le cas Georges Frêche déchire la gauche au niveau régional... pas au niveau national. On connaît depuis quelque temps les propos peu aimables (mais corrects !) de Martine Aubry vis-à-vis de Georges Frêche. Marie-Georges Buffet pour le PCF vient de déclarer qu'il n'était pas question de faire une alliance ni au premier ni au second tour avec une liste menée par Georges Frêche. On sait de longue date que les Verts et Europe Ecologie ne feront pas alliance avec une liste menée par Georges Frêche.  Le problème c'est donc bien Georges Frêche. Il ne peut être la solution. Même si localement celles et ceux qui ont tiré intérêt personnel (plus que politique), au PS comme au PC, continuent de le soutenir. Georges Frêche tête de liste ne fera pas l'unanimité à gauche électoralement, c'est un fait indéniable.

Il va bien falloir trouver une solution. Georges Frêche peut se retirer ou ne pas être tête de liste, ouvrant ainsi la possibilité à un rassemblement de toutes les forces de gauche (les chasseurs "frêchistes" pourront s'y joindre s'ils le veulent et s'il acceptent les orientations décidées collectivement par les équipes de gauche). Ce serait la meilleure solution, politiquement et électoralement. Mais je ne pense pas que Frêche fasse passer l'intérêt général avant le sien.  Aucun de ses propos dernièrement n'indique qu'une telle hypothèse pourrait voir le jour. Il reste alors l'éventualité d'une liste Frêche qui ne serait pas reconnue par les instances nationales du PS et du PC, qui diviserait les militants et donc les électeurs ici. Europe Ecologie, dans ce cas, recueillerait le fruit de cette division. Peut être est-ce ce qu'il faut pour faire bouger les lignes en Languedoc roussillon.

Il reste toutefois la possibilité que Georges Frêche fasse amende honorable et condamne ses propos et comportements qui choquent tant à gauche, légitimement, et s'engage à modifier sa manière de travailler. Qu'il s'engage dans une démarche collective pour constituer une équipe, sur des orientations partagées, avec de vraies perspectives de développement durable et raisonné. Et peut être qu'il ne soit pas tête de liste. La voie du bon sens, de la raison même. Mais l'homme peut il agir ainsi ? Je ne le pense pas malheureusement. Il est terrible de constater que ce sont les instances nationales de vieux partis en déclin qui se battent sur les valeurs, alors que localement les apparachiks de ces mêmes partis, défendent un clientélisme et un clanisme qui n'ont rien à voir avec les valeurs de gauche. L'esprit de Jaurès est bien loin du Languedoc Roussillon. On voit là les effets pervers d'une décentralisation mal assimilée, qui recrée les anciennes baronnies et les comportements qui vont avec.

La Région doit entrer de plain pied dans le 21ème siècle, c'est l'enjeu des prochaines élections régionales. Ce n'est pas avec les postures "frêchistes" qu'on y arrivera. Un air nouveau doit souffler sur notre territoire. Georges Frêche peut en être, pour terminer une carrière politique contrastée, ou s'y opposer en laissant un chantier à la droite qu'il n'aura pas su faire avancer. Il n'y a pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni Frêche. Les valeurs, les idées, doivent passer avant les hommes.





Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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Lundi 26 octobre 2009

  Eric Besson veut lancer un débat national sur l'identité ! Pourquoi croyez vous qu'il lance ce débat aujpurd'hui, et si subitement ? On approche d'une prériode électorale, bien sûr, et les voix d'extrême droite sont à récupérer face à ce qui apparaît comme une recomposition de cet électorat dans plusieurs sondage de ces derniers temps. Et puis, il faut occuper le terrain médiatique: chaque jour une idée, pour que les questions économiques et sociales ne prennent pas le devant de l'actualité. On connaît cette stratégie sarkozienne. Enfin, Eric Besson se positionne dans la perspective d'un possible remaniement ministériel après les élections régionales. Il se verrait bien premier ministre.

L'identité ce sont des valeurs. Lancer ce débat c'est vouloir remettre en cause nos valeurs. Celles des Lumières, de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen, celles de la République laïque. Rien d'étonnant, l'offensive contre les valeurs de notre pays est constante depuis que Nicolas Sarkozy est aux affaires, que ce soit comme ministre et maintenant comme Président. Il y a une constante chez Sarkozy c'est cette remise en cause de nos valeurs. Le reste pour lui est secondaire. C'est la revanche des nobles partis s'exilés hors de France. C'est la revanche des petits bourgeois effrayés par la classe ouvrière. C'est la revanche des collabos de fait qui n'ont pas eu le courage de défendre le pays contre l'occupant. C'est la revanche des plus aisés qui ne veulent pas partager le fruit du travail collectif. C'est la revanche des aigris contre ceux qui espérent en l'Homme.

Ne tombons pas dans ce piège. Soyons vigilant.

Par Michel Cavallier - Publié dans : michel.cavallier
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